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Création d’un algorithme personnalisé de rencontre

L’algomatching est une suite d’opérations mathématiques effectuées à partir de données personnalisées. Le résultat de ces calculs donne une liste de partenaires d’un jour ou de toujours.

Le chercheur d’amour coche différentes cases et par la magie des mathématiques, il entre en contact direct avec le futur élu de son cœur.

L’algomatching est la baguette magique de la rencontre. Elle transforme tous les chercheurs en trouveurs d’amour. Grâce à l’algomatching, les cœurs s’unissent.

Si le principe théorique de l’algomatching est d’une simplicité heureuse, il semble que la mise en pratique ne soit pas toujours à la hauteur.

C'EST DÉJÀ DEMAIN

DES INNOVATIONS PRÉFIGURENT LE FUTUR DE L'AMOUR


Le hasard et l’algorighme

Une étude menée par des psychologues de la Northwestern University en 2012 a conclu qu’aucun algorithme ne pouvait prédire les chances de succès d’un couple. « Aucune preuve évidente ne supporte les affirmations des sites de rencontre selon lesquelles un algorithme mathématique fonctionne », affirme l’étude. Les chercheurs notent en outre que les sites de rencontre ne sont pas très bien placés pour voir comment un couple va fonctionner sur le moyen ou le long terme.

Lorsque Tinder annonça avoir amélioré son algorithme en ajoutant notamment deux lignes aux profils pour le métier exercé et le cursus scolaire, le Washington Post s’appuya sur l’étude pour affirmer que l’algorithme est aussi efficace que le hasard.

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Les goûts et les algorithmes

Une équipe de chercheurs menée par Kang Zhao à l’Université de l’Iowa a mis au point une formule qui calque les techniques utilisées avec succès par quelques grosses pointures d’internet, comme Amazon ou Netflix. Elle est basée sur les recommandations effectuées par les utilisateurs ou leurs goûts, et pas simplement sur des profils personnels remplis par les abonnés en quête de l’âme sœur. Les chercheurs ont étudié l’activité des utilisateurs plutôt que leurs profils. Ils considèrent qu’ils reflètent leur attractivité… ou manque d’attractivité.

Selon Kang Zhao, en utilisant sa formule mathématique les abonnés des sites de rencontre ont 40 % de chances en plus de trouver quelqu’un qui leur corresponde, par rapport à un filtre de base.

Certains experts ont toutefois mis en doute les résultats de cette recherche, subventionnée par eHarmony.com, l’un des plus importants sites de rencontres américain.

À chacun son algorithme

Christopher McKinlay a trouvé une méthode qui a fonctionné pour lui. Cet étudiant américain en doctorat de mathématiques a hacké le site OkCupid pour utiliser les données de 20 000 jeunes femmes inscrites sur le site de rencontres. Il a conçu un algorithme capable de trier et identifier pour lui les candidates les plus appropriées et décrocher des rendez-vous… Au 88e, il trouva enfin l’âme sœur. Son algorithme est donc parfait, si on accepte de vivre 87 échecs.

Economie d’algorithme

Deux chercheurs de l’institut de recherches socio-économiques du Luxembourg (LISER) proposent une amélioration des critères permettant à des algorithmes de faire correspondre l’attractivité de deux personnes.

Ils ont mis au point un modèle mathématique inspiré de l’économie.

Pour eux, trouver l’âme sœur ne serait rien d’autre qu’une variante des comportements observés en économie sur l’attractivité. Bien loin du coup de foudre qui brouille les sens, « la plupart d’entre nous procèdent à une évaluation basée sur une liste de contrôle mentale des qualités que nous recherchons chez un époux ou une épouse. Autrement dit, nous effectuons une transaction économique, car nous recherchons le meilleur accord pour nous-mêmes en faisant concorder nos attributs avec ceux d’une autre personne » explique Arnaud Dupuy sur le site du LISER. Dans ce contexte, le mariage s’apparente ni plus ni moins à un marché.

Le modèle calcule une valeur dite d’utilité commune qui correspond à une mesure du bien-être de la relation et de la préférence mutuelle. Il intègre pour y arriver dix facteurs mêlant attributs purement physiques et caractéristiques comportementales et socio-économiques : l’indice de masse corporelle côtoie ainsi le niveau d’étude, le niveau d’extraversion ou l’état de santé ressenti par la personne. Ils proviennent en fait d’une enquête par sondage sur les ménages de la DNB, banque centrale des Pays-Bas, entre 1993 et 2002. Chaque critère n’influe pas, seul, sur le choix d’un partenaire. Les chercheurs montrent que l’attractivité procède d’un arbitrage entre plusieurs critères, pondérés différemment selon les caractéristiques de la personne d’en face.

Le marathon de l’amour

Je m’appelle Amy Webb, et il y a de cela quelques années, j’ai vu une énième de mes relations intimes partir en fumée. Comme je ne voulais plus attendre le grand amour, je me suis tournée vers les sites de rencontre.

L’idée des sites de rencontre me plaît bien, car elle repose sur un algorithme…

Quand je me suis inscrite, j’ai juste fait un copié-collé de mon CV. Dans la partie descriptive, j’ai dit que j’étais une journaliste. Au moment où on m’a interrogée sur mes hobbies et mon partenaire idéal, j’ai dit « monétisation » et « japonais courant. » J’ai beaucoup parlé de JavaScript. Visiblement, ce n’était pas la meilleure façon de me rendre attractive.

Les rencontres que j’ai faites se sont avérées horribles et en particulier avec Steve, un informaticien. Il est parti en me laissant la note. À la suite de ce rendez-vous, je me suis mise à chasser lors de ces rencontres les choses vraiment stupides, gênantes, les remarques tendancieuses, le mauvais vocabulaire… J’ai rassemblé des chiffres qui m’ont permis de faire quelques corrélations. J’ai remarqué que pour des raisons inconnues les hommes qui boivent du whisky ont tendance à faire des allusions graveleuses au sexe.

J’ai décidé qu’au lieu d’attendre qu’un algorithme me trouve quelqu’un, je vais inverser le système. J’ai décidé de poser mes propres questions. Quelles étaient les petites choses auxquelles je pouvais penser, et que je cherchais chez un partenaire ? Donc j’ai commencé à écrire, écrire, et encore écrire, et à la fin, j’avais amassé 72 différentes données. Je voulais quelqu’un qui soit Juif, donc je cherchais quelqu’un qui ait la même origine et les mêmes points de vue sur nôtre culture, mais qui ne me forcerait pas à aller à la synagogue chaque vendredi et samedi. Je voulais quelqu’un de travailleur, car pour moi le travail est extrêmement important, mais pas trop travailleur quand même…

Je voulais aussi quelqu’un qui apprécierait s’aventurer, dans des endroits exotiques et qui pèserait toujours une dizaine de kilos de plus que moi, et ce quel que soit mon poids. Donc j’avais maintenant ces 72 données. J’ai alors créé un ordre de priorités dans ma liste. Je l’ai scindée et classée en deux niveaux, l’un incontournable, l’autre important. J’ai noté chaque point.

J’ai créé un système de notation pour vérifier que le prétendant me conviendrait. Il fallait un minimum de 700 points pour que j’accepte d’envoyer un mail à quelqu’un. Pour un total de 900 points, je pouvais aller à un rendez-vous. Pour envisager une relation, il fallait au minimum 1500 points. Cela fonctionna assez bien. J’ai trouvé Jewishdoc57. Il était séduisant. Il s’exprimait bien, avait gravi le Fuji et marché le long de la muraille de Chine. Il adorait voyager tant que ça n’impliquait pas de monter à bord d’un bateau.

Il n’y avait qu’un seul problème : il ne m’aimait pas. La variable que j’avais négligée était la compétition. J’ai donc été découvrir mes concurrentes. J’ai trouvé SmileyGirl1978 qui était très populaire. Mon objectif était de devenir aussi demandée qu’elle.

J’ai compris à ce moment-là que la taille de la présentation importait beaucoup. Les gens plus intelligents avaient tendance à beaucoup écrire. Ils se présentaient en 3000, 4000 voire 5000 mots. Les profils masculins et féminins les plus populaires ne comprenaient que 97 mots en moyenne.

L’autre marque de fabrique des personnes populaires est qu’ils utilisent un langage optimiste. Les mots les plus utilisés, par les femmes les plus populaires du site sont : « amusant », « fille » et « amour ». J’ai de ce fait compris que je devais simplifier mon propre profil.

Quelque temps après ça, j’ai trouvé Thevenin. Il ressemblait et s’exprimait exactement comme que je le voulais, et il a immédiatement marqué 850 points. C’était assez pour un rendez-vous. Trois semaines plus tard, nous nous sommes rencontrés. Quand il m’a raccompagnée chez moi, j’ai réévalué sa cote à 1050 points ! Un an et demi plus tard, alors que nous voyagions, pas en croisière, à Petra, en Jordanie, il s’est mis à genoux et m’a fait sa demande.

J’en conclu que l’algorithme de l’amour existe. Ce n’est pas celui qui est proposé par les sites, mais celui qu’on construit en y mettant ses propres ingrédients.

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Recette pour chaussure à son coeur

L’algorithme est une recette pour cuisiner les données dans un but précis. Constituée par une série d’instructions, elle permet d’obtenir un résultat.

Tous les sites de rencontres cherchent donc celui qui va permettre à ses clients de trouver la chaussure à son cœur qui lui permettra de prendre son pied. Même s’ils ont engagé de brillants mathématiciens, pour l’instant aucun vendeur d’amour n’a encore trouvé ce Graal qui lui permettrait d’attirer tous les chercheurs d’amour.

Aujourd’hui la majorité des algorithmes sont fondés sur la similarité. Si on apprécie tels ou tels livre, disque, restaurant, on va adorer un troisième et, dans un grand élan moutonnier, on va se ruer sur sa carte bleue pour l’acheter.Transposer dans le domaine de la rencontre amoureuse cette machine à façonner notre quotidien signifierait que les relations seraient posées en termes mathématiques : « Les hommes qui ont été heureux avec Chantal pendant 13 jours et Marceline pendant 22 jours, vont l’être pendant 16 jours avec Gisèle et 1004 jours avec Andréa ». La photo d’Andréa s’afficherait. Les ex de Chantal ne pourraient que succomber à ses charmes. La machine à prédire grippe pour plusieurs raisons. La première est la pauvreté des données. Si un film peut-être regardé par des milliers de personnes, il y a peu de chances que Chantal, Marceline ou Andréa aient fait leur cinéma à autant d’hommes. Enfin, on peut l’espérer pour elles.

Âge, taille, poids, niveau d’étude, préférence pour la tarte au citron, les levers matinaux et les chats roux… Ces informations fournies par les abonnés aux sites n’aident pas vraiment à trouver l’aiguille qui va faire vibrer le cœur. Et cerise sur le gâteau, elles sont rarement exactes. La règle sur ces sites est de mentir.

La deuxième difficulté est de mettre l’amour en équation. Difficile de déterminer quels sont les éléments qui créent l’attirance entre deux personnes. Les petits plus qui font la différence sont des particules particulièrement insaisissables. L’algorithme étant un primate capable juste de gérer des 0 et 1 est dans l’incapacité à les saisir.

La troisième limite est que l’être humain est fondamentalement irrationnel. C’est impossible de prévoir ses réactions et en particulier dans le domaine du sensible.

En résumé, même si les algorithmes vont s’améliorer, ils risquent encore pendant quelques lustres de nous faire miroiter l’amour et nous décevoir.

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