TINTINHIQUE

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 Réflexion sur la parenté liée aux évolutions biomédicales et sociétales.

  • Enfants de parents stériles.
  • Conception post-mortem avec des gamètes ou ovocytes d’une personne décédée.
  • Modification du génome de l’embryon (bébé avec 3 ou 4 ADN, changement de la lignée germinale…).
  • Transsexuel avec enfant.
  • Coparentalité.
  • Enfant de couple homosexuel avec donneur anonyme.
  • Bébé porté par la mère pour sa fille.
  • Greffe d’utérus chez un homme.
  • Utérus artificiel.
  • Clonage…

Dans tous les cas complexes, la société se pose des questions : Qui est le père ? Qui est la mère ? Existe-t-il plusieurs pères, plusieurs mères ? Si c’est le cas, quels sont les droits et devoirs des différents pères et mères ? Est-ce qu’un homme peut-être une mère ?

L’ensemble de ces interrogations constitue la tintinhique.

Le mot est construit à partir de Tintin. Comme on ne connaît pas de parents au reporter de la bande dessinée, on peut imaginer que sa conception est complexe.

 

 

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Bébé à trois parents

Les députés britanniques ont autorisé la conception de bébés à partir de trois ADN. Le dispositif consiste à retirer de l’ovule de la mère la mitochondrie (le générateur d’énergie des cellules) défectueuse et la remplacer par une mitochondrie saine provenant d’une autre femme.

Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l’ovule est implanté dans l’utérus de la mère. Le futur enfant sera alors porteur de toutes les caractéristiques génétiques de son père et de sa mère, mais pas de mitochondries responsables de maladies comme la myopathie ou le diabète. Cette technologie modifie que l’on appelle la lignée germinale (les cellules participant à la fécondation. La lignée somatique comprend les cellules qui n’y jouent aucun rôle). L’ADN provenant de la donneuse va être transmis à la descendance en plus de celui des deux parents.

Thomas accouche

Aux États-Unis, Thomas Beatie a accouché de trois enfants en 2008, 2009 et 2010. En 2013, un transsexuel allemand donne naissance à un garçon. Née femme, mais devenue homme à la suite de traitements hormonaux, qui ont notamment développé sa pilosité faciale et fait disparaître sa poitrine, la personne avait néanmoins conservé la totalité de son appareil reproductif féminin.

En accouchant à domicile, le « père » a évité la déclaration de naissance pour rester pleinement et seulement « père » du petit garçon.

 

Depuis 2011, le droit allemand établit que les organes reproductifs ne doivent plus être nécessairement supprimés pour autoriser un changement de sexe à l’état civil. Cette disposition a permis cette naissance.

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« S’il n’y a pas d’humanité sans langage, il n`y a pas non plus de société sans parenté. Mais que veut dire être parent ? » L’interrogation de Claude Levi-Strauss est de plus en plus d’actualité.

Après le découplage filiation et mariage et l’avènement des familles recomposées, la biomédecine pousse à repenser la parenté. Avec elle, la filiation repose de moins en moins sur le lien génétique. Avec un bébé à trois ou quatre ADN, même le test génétique va devenir un casse-tête.

La parenté dépendra donc de l’acceptation sociétale. Et là, donc le curseur peut se déplacer dans toutes les directions. Le collaboratif va-t-il faire émerger la coparentalité ? Les nouvelles pratiques biomédicales vont-elles aller vers la suppression du lien juridique avec des parents ?…

En tout cas, comme le conseille le philosophe Olivier Rey « Il ne faut pas opposer les droits de la société à ceux des individus, mais faire prendre conscience aux individus que seule une société dont les équilibres sont respectés est à même de leur garantir durablement des droits ». Le pédiatre-généticien Arnold Munnich va aussi dans son sens : « On ne change pas la loi universelle pour régler des problèmes particuliers, aussi sérieux soient-ils. »

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CONGELAIDE

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Aide servant aux femmes à congeler les ovocytes.

Sommes versées par les entreprises aux femmes qui choisissent de retarder l’âge de procréation.

L’objectif du congélaide est que les femmes fassent passer leur carrière avant leur projet d’enfant.

Les modalités du congélaide sont fixées par les entreprises. Certaines considèrent qu’elles doivent rembourser si elles tombent enceintes avant l’âge défini par le contrat.

DEMAIN, est-ce que l’entreprise décidera du moment où nous pouvons faire des enfants ?

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Bébés congelés

Facebook et Apple proposent à leurs collaboratrices de prendre en charge des frais pour aider les femmes à avoir des enfants plus tard.

La congélation d’ovocytes coûte environ 10 000 dollars par série de congélations puis 500 dollars annuels pour la conservation. Les entreprises proposent de couvrir jusqu’à 20 000 dollars de frais. Elles partent du principe que de nombreuses femmes font aujourd’hui passer leur carrière avant leur projet d’enfant. Les aider à concrétiser ce projet plus tard serait donc une sorte de compensation.

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Aide qui peut !

La qualité et le nombre des ovocytes décroissent avec l’âge chez la femme, réduisant les chances d’avoir un enfant. Elles passent ainsi de 25% par cycle à 25 ans à 6% seulement après 42 ans. La congélation d’ovocytes augmente la bonne qualité pour donner plus de chances aux femmes de tomber enceinte le moment venu.

Si l’on comprend que des femmes investissent parce qu’elles n’ont pas trouvé le géniteur ou autres raisons, c’est plus délicat lorsque la demande de mettre son corps sur pause vient de l’entreprise.

Si l’on nage dans le meilleur des mondes, on peut dire que c’est une bonne chose. C’est une option offerte aux femmes confrontées à la dure réalité qui veut que les années de fertilité entrent en conflit avec les années où l’on construit une carrière professionnelle.

Si on n’est pas dans ce bain bouillonnant de cynisme, on considère que le message sous-tendant l’aide est clair : « Madame, vivez corps et âme pour l’entreprise aujourd’hui et remettez à plus tard votre désir d’enfant. »

Et quand cela sera ce plus tard ? Et bien, quand l’entreprise n’aura plus besoin de vous. Après 40-45 ans, quand vous commencez à être moins efficace, ou trop chère aux yeux de l’entreprise. Le moment, où dans l’esprit du patron, ça n’est pas bien grave si une salariée s’absente quelques semaines pour accoucher ou si à son retour de congé maternité, elle se rend moins disponible.

Et si on va dans ce sens, on peut imaginer que demain les entreprises financeront la pilule des salariées, pour s’assurer qu’elles ne tombent pas enceintes? Ou mieux encore qu’elles aient des implants connectés qui envoient les informations à l’entreprise. Si Madame tombe enceinte, le DRH la convoquera le lendemain, pour lui proposer une pilule abortive.

Bon, si les entreprises veulent aider les femmes à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale, il serait préférable qu’elles indemnisent mieux les congés maternité, leur garantissent de trouver un poste égale à leur retour, les paye fallu s’inspirer des modèles existants qui ont déjà prouvé leur efficacité (congé maternité mieux indemnisé, garantie de retrouver un poste égal à son retour…). Payer les femmes comme leurs homologues masculins à compétences égales. Et surtout cesser de voir les femmes comme des utérus sur pattes.

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GÉNOFANTER

GÉNOFANTER

Si on modifie le génome d’un enfant à naître, on ne peut pas lui demander son consentement éclairé. C’est donc contraire aux droits fondamentaux des patients. Effectuer de modification génétique du vivant, serait une grave rupture éthique. Alain Fisher

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Concevoir un enfant génétiquement modifié.

Des parents génofantent quand ils modifient l’ADN de leur embryon.

On peut génofanter pour choisir le sexe, les caractéristiques physiques et mentales du futur enfant.

On génofante également lorsqu’on élimine des gènes porteurs d’une maladie.

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Un kit de bricolage génétique

En 2012, l’Américaine Jennifer Doudna et la Française Emmanuelle Charpentier ont mis au point une méthode nommée CRISPR-Cas9 pour désactiver ou corriger un gène. Le principe de la CRISPR/Cas9 consiste à programmer une protéine capable de couper l’ADN. Grâce à cet outil génétique, il devient possible – et même assez facile – de cibler n’importe quel gène dans une cellule pour le modifier.  On éteint ou allume l’expression d’un gène, le modifie, le répare, l’enlève…

Le changement de destinée génétique

Désactiver une maladie génétique, protéger d’un futur cancer ou de la maladie d’Alzheimer, doter le futur individu d’os plus solides ou de muscles plus développés… «Nous avons le potentiel pour prendre le contrôle de notre destinée génétique, et cela pose un danger pour l’humanité», explique au New York Times le chercheur George Daley.

Si ces manipulations génétiques sont effectuées au niveau de la lignée germinale (des cellules qui peuvent devenir des spermatozoïdes ou des ovocytes), elles seront transmises aux générations futures et deviendraient ainsi héréditaires.

Les premières modifications d’embryon

Un groupe de chercheurs chinois a annoncé mercredi 22 avril 2015 avoir procédé à des modifications génétiques sur des embryons humains. L’équipe de Junjiu Huang, généticien de l’université Sun Yat-sen dans la province du Guangdong a publié dans la revue Protein & Cell les résultats de cette première tentative de manipulation génétique appliquée à des embryons humains.

Le but de l’expérience a consisté à tenter de modifier un gène responsable d’une très rare maladie génétique du sang, la bêta-thalassémie ou anémie de Cooley. Une pathologie qui se traduit par un ensemble typique de symptômes tels qu’une modification des os du crâne conférant un faciès mongoloïde, qui apparaît dans l’enfance, un retard de croissance, une splénomégalie (rate de grande taille), une anémie microcytaire (globules rouges de petite taille) importante. Les chercheurs affirment que leurs expériences ont été menées sur des embryons humains non viables obtenus auprès de centres de fertilité qui réalisent des fécondations in vitro.

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Où naîtra le premier bébé génétiquement modifié?

Selon Nature , 29 pays ont des règles qui limitent l’édition de gènes. Plusieurs pays, dont le Japon, la Chine et l’Inde, n’ont pas rendu cette activité illégale. Les États-Unis l’interdisent pour des recherches financées par des fonds publics, mais ne disent rien pour les autres.

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Gênes des gènes modifiés

La modification génétique des humains est un sujet qui cristallise toutes les espérances et les inquiétudes.

Des parents espèrent que cela va permettre l’éradication des maladies génétiques et qu’enfin ils pourront enfin avoir un bébé. On les comprend. Quoi de pire pour des parents que de savoir que leur futur enfant détient des gènes qui risquent d’exploser et de les faire souffrir d’un mal incurable.

S’inquiéter, car on va à grands pas vers un dramatique eugénisme de l’argent. Il y aura les bébés améliorés des parents riches et les bébés bruts de fonderie des autres. Les premiers seront débarrassés des gènes défaillants. Les autres auront affaire à la loterie pratiquée par dame nature.

Les nantis façonneront à leur idéal leur progéniture… Pour 1000 de plus, vous m’en mettrez bien un grand, blond aux yeux bleus. J’ajoute 1000 pour les muscles de Sylvester Stallone… Au diable l’avarice… Allez, encore 10 000 pour un métissage Georges Clonney et Einstein. Avec ce cocktail génétique, le petit va peut-être nous inventer des capsules de café qui ne se gêne pas pour faire pousser les bébés !

On peut même aussi s’affoler, car s’engageant dans cette voie, on allume la mèche qui va faire exploser la famille. Même si la composition évolue un peu aujourd’hui, le liant principal reste le patrimoine génétique. Qui se ressemble, s’assemble, dit le dicton. Est-ce qu’on s’assemblera toujours quand nos enfants, nos frères et soeurs n’auront plus aucune ressemblance physique et mentale avec nous ? Certainement, mais la mayonnaise aura plus de difficultés à prendre si la part d’inné se réduit.

Enfin, pas besoin de grimper aux cocotiers, car les scientifiques jurent qu’ils ne vont pas pratiquer d’intrusion dans le code du vivant humain ! Enfin, il faut tout de même commencer l’ascension, car, dans certains pays, des chercheurs commencent à jouer les apprentis sorciers sur les embryons humains.

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