COMMENT NOMMER ?

Données numériques liées à la vie amoureuse.

Les dataloves résultent de l’enregistrement des échanges et des émotions amoureuses et des activités sexuelles.

Les enregistrements sont effectués grâce à des capteurs et des accéléromètres présents dans les smartphones ou les objets connectés (bracelets, tatouages, vibromasseurs…)

Les dataloves individuelles sont analysées et comparées aux autres. Ce traitement permet de prédire des événements amoureux comme la rencontre ou la rupture.

DEMAIN, allons-nous mesurer et analyser notre activité sexuelle ?

 

C'EST DÉJÀ DEMAIN

Des innovations préfigurent le futur de l'amour

Déjà imaginé

pplkpr  est un bracelet qui mesure vos réactions physiques lors des échanges. L’application indique si les amis avec qui vous échangez dans le monde réel comme sur Facebook, vous rendent heureux ou triste, anxieux ou calme, énervé ou stimulé. Elle agit également en envoyant des messages aux gens avec qui vous vous sentez bien et en bloquant les messages de ceux qui sont négatifs. Elle valide ou non les profils que vous vous apprêtez à ajouter à vos relations en fonction de l’apport potentiel.

Cette application parodique a été développée par deux artistes (Lauren McCarthy et Kyle McDonald) avec le soutien de la Fondation Andy Warhol pour les arts visuels.

L’amour au temps de Facebook

Les statisticiens de Facebook sont capables d’anticiper romances comme ruptures. Ayant effectué une étude portant sur la genèse d’une nouvelle relation amoureuse, ils ont constaté que, durant la phase de séduction, des signaux allant en crescendo sont envoyés avec un pic 12 jours avant l’annonce du changement de statut. Une fois la relation officialisée, on observe une augmentation générale des sentiments positifs après le jour 0 de la relation, avec une augmentation importante entre le jour 0 et le jour 1. Facebook repère donc — pas simplement parce que vous êtes passé du statut de célibataire à en couple — lorsque vous tombez amoureux.

Dans une autre étude, Adrien Friggeri, chercheur chez Facebook, a analysé le comportement d’utilisateurs sur les quatre dernières semaines de leur relation amoureuse. Il a observé une forte discontinuité au moment de la rupture, avec une hausse du nombre de messages échangés de 225 %, qui se stabilise ensuite graduellement au cours de la semaine qui suit, mais à un niveau bien supérieur à celui qui précède la rupture. Cela s’explique par le fort soutien que reçoivent les utilisateurs de la part de leurs amis pendant les périodes difficiles.

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Les bons coups à l’analyse

spreadsheet

Spreadsheets recueille et analyse vos données au lit. Durée, fréquence des performances sexuelles… Tout est passé à la loupe jusqu’aux nombres de va-et-vient. L’application enregistre l’activité de l’utilisateur grâce aux mouvements et aux sons, captés par l’accéléromètre et le micro du téléphone.

L’application transforme l’amour en compétition. On augmente de niveau en fonction des activités réalisées : utiliser un vibromasseur ou faire l’amour pendant au moins 40 minutes vous fera gagner 50 points. D’autres challenges peuvent vous en faire gagner davantage, comme le “lazy sunday” (littéralement, “dimanche paresseux”) qui consiste à avoir 5 rapports dans la même journée.

Dans le même esprit comptable de l’amour, on trouve d’autres applications comme SexTrack ou Love Tools Pro

Garder des traces

La start-up italienne Nipple invite à enregistrer les données de sa vie sexuelle, un peu comme un jogger qui suit ses performances avant le semi-marathon de Paris. On peut surveiller l’évolution de son activité intime et garder une trace de vos ébats et de vos différents partenaires. Nipple recense, via un système de pictogrammes d’un goût parfois douteux, les caractéristiques de votre partenaire, les positions expérimentées, les accessoires utilisés, la durée de chaque coït et le nombre d’orgasmes éventuellement obtenus.

Les chiffres parlent

Dans le New York Times , un article indique que nous mentons lorsque nous parlons de nos performances sexuelles. Les hommes affirment avoir 63 rapports sexuels par an (dont 23 % avec des préservatifs) alors que les femmes n’en avouent que 55 (dont 16 % avec des préservatifs). Si c’était vrai, 2,7 milliards de capotes auraient été vendues. Or le nombre réel ne dépasse pas 600 millions. L’ensemble des données révèle que les États-Uniens n’ont pas plus de 30 relations sexuelles par an. Comme prévu, les hommes sont obsédés par la taille de leur pénis. Ils apprendront qu’ils s’en inquiètent 170 fois plus que leurs compagnes ne se préoccupent des dimensions de celui de leur(s) partenaire(s). Mieux encore, 40 % qui parlent de “douleurs” semblent le trouver… trop grand.

LE COIN DES EXPERTS DU FUTUR DE L'AMOUR


Les ébats en débat

Le quantify self ou l’analyse des données personnelles connaît un grand succès. Les amateurs de jogging et autres compulsifs de la course enregistrent leurs performances. De retour à la maison, ils ajoutent leur temps de sommeil, les calories consommées, le temps de brossage des dents. En toute logique, demain ils enregistreront leurs ébats et leurs émotions.

La mesure n’ayant pas de limites, ils peuvent mesurer le sentiment de proximité, d’intimité, de confiance avec leur partenaire… Ils peuvent compléter le package quantification avec l’humeur ressentie en la présence de l’autre. Ces éléments donneront des informations sur l’évolution de la relation. Rien de sorcier dans ce landernau. Si lorsque votre conjoint rentre à la maison, vous avez subitement le moral dans les chaussettes, on est en droit supposer que la relation bat un peu de l’aile.

Cette quantification de l’intime pose plusieurs questions.

La première est à quoi sert-elle ? Peut-elle ou non solidifier la relation  ou du moins la préserver ? Certes, dans les meilleurs des cas, l’identification d’une dégradation de la relation va permettre au couple de réagir. Mais, on peut surtout craindre que cela crée un nouveau sujet de tension dans le couple. D’autant que ces applications sont souvent créées par des hommes pour des hommes.

La deuxième est : « Ne va-t-on pas supprimer le plaisir et le désir en transformant l’activité sexuelle en compétition sportive ? La quantification personnelle a ses écueils. Aujourd’hui, nous ne passons plus une bonne ou mauvaise nuit, mais nous échouons (ou pas) a dormir nos 7,36 heures avec 34 % de sommeil calme.

Nous ne déjeunons plus entre amis, mais absorbons 1 077 calories pour rester en dessous de 2000 calories par jour. Nous ne faisons plus du sport pour nous dépenser, mais nous essayons d’obtenir ces fameux 10 000 pas par jour. Dans le même esprit, on ne fera plus l’amour, mais on jouira au bout de 8 minutes 28 soit 17 secondes de plus que sa moyenne. Un décompte qui, avouons-le, risque de casser un peu l’ambiance !

Est-ce que informations chiffrées aideront au moins à prévoir l’évolution de l’amour ? Il faudrait pour cela qu’il y ait de la rationalité dans les sentiments. De plus, limiter les comportements humains à venir à une simple probabilité en fonction des expériences passées est, en soi, assez réducteur. Cela consiste à aller de l’avant en marche arrière en regardant dans le rétroviseur.

En clair, vu l’enthousiasme du Dico pour la quantification amoureuse, ses défenseurs sont appelés à apporter la contradiction.

Le dico

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