COMMENT NOMMER ?

Vengeance consistant à envoyer des photos dénudées de son ancien partenaire.

 

L’envoi des images a pour objectif de dégrader l’image son ex. On le voit apparaître nu ou dans des positions intimes peu valorisantes. Ce contenu sexuellement explicite est publiquement partagé sans le consentement de la personne photographiée.

Les images sont souvent accompagnées de renseignements personnels comme le nom complet de la personne ou des liens vers des profils sur des réseaux sociaux.

La pornogeance est plus connue sous le nom de « revenge porn » ou « porno vengeur ».

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Les chiffres de la menace

Avec le boom des réseaux sociaux, la vengeance numérique prend son envol. Une enquête publiée sur EndRevengePorn.org indique que 10 % des partenaires menacent leur moitié de dévoiler leur intimité sur Internet, et 60 % de ceux-là passent à l’acte après rupture.

Les réseaux sociaux réagissent

En février 2015, le site de médias sociaux Reddit a interdit l’affichage de contenu sexuellement explicite sans le consentement des personnes représentées.
En mars 2015, Twitter a emboîté le pas avec de nouvelles règles pour traiter l’affichage de contenu non autorisé et spécifiquement de « revenge porn ».

Sur Facebook, le « revenge porno » n’est pas directement cité, mais tout ce qui se rapporte au harcèlement et à l’intimidation est interdit.

A contrario, Google s’attaque directement à cette pratique : « Notre philosophie a toujours été que les recherches devaient refléter l’ensemble du Web. Mais les images de « revenge porn » sont intensément personnelles, peuvent causer des dommages émotionnels et servent uniquement à dégrader les victimes, surtout des femmes ».
Il propose en plus un formulaire en ligne afin que les personnes concernées puissent demander la suppression des résultats menant à des « images nues ou sexuellement explicites partagées sans leur consentement ».

Les pays réagissent

Plusieurs États américains ont adopté des lois criminalisant la pornogeance.

En France, « est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait, au moyen d’un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui », notamment en « fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé ». En avril 2015, un homme de 35 ans a écopé de douze mois de prison avec sursis pour avoir diffusé sur des sites de rencontre des photos de son ex-compagne dans le plus simple appareil et dans des positions compromettantes..

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Les femmes s’engagent

La journaliste danoise Emma Holten pose nue, quatre ans après avoir été victime de « revenge porno ». Elle explique que les auteurs des messages, tous des hommes, savaient que c’était contre sa volonté, et que le fait même de savoir qu’elle n’avait pas donné son accord était érotique pour eux. « Ils ont savouré ma souffrance », ajoute-t-elle.

Elle a choisi de poser, dénudée, pour à la fois désexualiser son image et montrer toute l’importance du consentement. « Avec ces photos, je suis un sujet et plus un objet sexuel. Je n’ai pas honte de mon corps, mais il m’appartient. Le consentement est la clé. De la même manière que le viol et le sexe n’ont rien à voir l’un avec l’autre », dit-elle.

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DE L'AMOUR ET DE L'ARGENT FRAIS

La vengeance est un plat éternel. Hier, elle se mangeait froide, surgelée, lyophilisée, aujourd’hui elle se déguste maintenant à la sauce numérique. À l’heure des nouvelles technologies,
Othello n’étouffe plus Desdémone, il fait tourner les vidéos de leurs ébats sur les réseaux sociaux. Il pimente l’envoi avec son numéro de portable, son adresse e-mail et incite son réseau à effectuer des commentaires graveleux.

L’homme en souffrance a souvent un comportement de primate : plus il a mal, plus il a envie de faire mal.

Même si ce processus est d’une redoutable inefficacité, tout le monde a pratiqué ce vase communicant de la souffrance. On ne peut donc jeter la pierre à ceux qui désirent se venger. Néanmoins, ce procédé est abject. Pervers, mesquin, frappant au cœur du sensible de l’autre, il est totalement condamnable. C’est du cyberviol aussi punissable qu’un autre type de viol.

Comme 90 % des victimes sont des femmes, on peut considérer que c’est un symptôme de la misogynie moderne.

Inquiets du phénomène, tant les gouvernements que les dirigeants des réseaux sociaux commencent à prendre des mesures pour diminuer sa portée.

L’affaire n’est pas gagnée dans un pays où, Valérie Trierweiller, l’ex-compagne du Président de la Répuplique utilise un procédé similaire pour trainer dans la boue son ex-partenaire.

Il reste juste à espérer que les auteurs de ces ignominies finissent par comprendre que faire souffrir l’autre ne gomme pas sa propre souffrance.

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